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 Annexe sur les Carthaginois

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Troupes armées :

MessageSujet: Annexe sur les Carthaginois   Sam 17 Fév - 1:53
Annexe sur Carthage



Résume Avantage/Inconvénient :


Carthage a tout les outils pour devenir une puissance économique prospère, ainsi qu'une puissance maritime qui pourrais tenir tête au grande puissance maritime comme Athènes. Mais attention, les conflits internes peuvent être brutale, et les rebellions des peuples autochtones élever s'il sont trop délaisser. Bien que Carthage possède une armée terrestre plutôt nombreuse, avec des chefs talentueux et des unités d'élite exemplaire comme les éléphants de guerre part exemple, les unités d’infanterie de base sont de moins bonne qualité part contre.

Origines :


L’Afrique du Nord qui, au départ, n’est vraisemblablement pour les Phéniciens qu’une simple étape sur la route des métaux d’Espagne, connaît des installations phéniciennes permanentes de façon très précoce, comme Utique qui est fondée en 1101 av. J.-C. selon Pline l’Ancien. Le XIIe siècle av. J.-C. aurait vu également une installation à Lixus au Maroc et la fondation de Gadès en Espagne.

La date de la fondation de Carthage par Didon, une princesse tyrienne, a toujours fait l’objet d’un débat, non seulement durant l’Antiquité mais encore de nos jours. Deux traditions antiques se sont affrontées : la plus diffusée la situait en 814 av. J.-C., à la suite de Timée de Tauroménion dont il ne reste que des fragments réutilisés par d’autres auteurs. L’autre légende plaçait quant à elle la naissance de Carthage aux alentours de la guerre de Troie, tradition reprise par Appien.

Les fouilles archéologiques n’ayant rien livré d’une date aussi ancienne, certains historiens ont émis l’hypothèse d’une fondation beaucoup plus tardive (vers 670 av. J.-C.), voire d’une double fondation, un comptoir ayant précédé la naissance de la cité au sens strict selon Pierre Cintas. Les historiens les plus récents se fondent sur l’analyse des annales de Tyr, utilisées comme source par Ménandre et Flavius Josèphe, pour accepter une datation autour du dernier quart du IXe siècle av. J.-C..

À l’époque des premières installations phéniciennes, l’Afrique du Nord est occupée par des populations libyennes importantes, dont la continuité avec les Berbères du Maghreb a été défendue par Gabriel Camps. Il a été considéré qu’il y avait un hiatus chronologique trop important et surtout des vagues d’invasions successives trop nombreuses pour n’avoir pas marqué les populations locales de façon durable. Les Égyptiens mentionnent les Libyens sous le nom de Lebou dès le XIIe siècle av. J.-C. comme étant les populations situées immédiatement à l’ouest de leur territoire.

L’origine des populations libyennes a été relatée par un grand nombre de légendes et de traditions, plus ou moins fantaisistes, certaines faisant état d’une origine mède, voire perse, selon Procope de Césarée. Mieux informé, Salluste évoque l’origine des Libyens dans sa Guerre de Jugurtha. Strabon a également décrit leurs différentes tribus, les divers noms n’entraînant pas nécessairement une distinction ethnique et ne remettant donc pas en cause l’unité du peuplement de cette région au moment de l’arrivée des Phéniciens.


Espaces publics et structures : routes et ports :


L’espace public s’organisait autour de l’agora : centre de la cité, la place était bordée par la bâtisse du Sénat et également par des bâtiments aux fonctions religieuses. L’agora de Carthage, même si sa localisation est à peu près connue, n’a pas fait l’objet de reconnaissances archéologiques. L’emplacement des sites utilisés par les Puniques nécessitait la mise en place de structures, ports et cothons. Même si les bateaux durent être seulement à l’abri dans des anses ou dans des sites naturels privilégiés, comme le stagnum de Motyé, au début de leur histoire, il est vite apparu indispensable de créer des structures artificielles appelées « cothon ». On retrouve ce type de port artificiel à Rachgoun, Motyé ou Sulcis voire à Mahdia, même si cette dernière attribution est discutée.

Dans le cas de Carthage, les installations — du moins dans leur état final car la question de la localisation des ports primitifs de Carthage n’est toujours pas réglée — sont très élaborées et décrites par un texte célèbre d’Alpine.

La phase finale de la construction eut vraisemblablement lieu dans la première moitié du IIe siècle av. J.-C., avec un port marchand doublé d’un port circulaire possédant un îlot (dit de l’amirauté) permettant la sécurité de la flotte de guerre, ainsi qu’une discrétion limitant les risques d’espionnage. La fouille de ces structures lors de la campagne internationale de Carthage a confirmé certaines données des textes, en particulier le nombre de 220 navires pouvant y être abrités semblant désormais vraisemblable, à quelques dizaines d’unités près. L’hivernage y était assuré par des cales de radoub installées sur l’îlot et autour du port militaire à la fin de la période de domination carthaginoise. Sur les pourtours du port de commerce se situait par ailleurs une zone d’entrepôts, voire d’ateliers d’artisans.


Architecture sacrée :


La place de l’espace sacré dans la civilisation carthaginoise est liée à la topographie urbaine, même si l’archéologie a parfois mis en évidence l’absence de règles dans le positionnement des lieux affectés à cet usage. On en a en effet retrouvé tant dans les centres urbains ou acropoles que dans les périphéries, si ce n’est même dans les zones rurales. La localisation des lieux de culte est dépendante de la croissance des cités, qui reste une inconnue pour une très large part, leur position dans la cité ayant pu de ce fait évoluer.

Certains sont connus par les sources littéraires, ainsi le temple d’Eshmoun, le plus grand sanctuaire de Carthage, qui était situé selon Appien en haut de l’acropole, à laquelle on a identifié la colline Saint-Louis, rebaptisée Byrsa. Cependant, le sommet totalement arasé à l’époque romaine a entraîné la perte de l’ensemble de ses vestiges. Le temple de Melqart à Gadès fut quant à lui très longtemps réputé, jusqu’à l’époque romaine.

Le sanctuaire d’Astarté à Tas Silg, à Malte, succédant à un espace cultuel indigène, fut également célèbre. Les fouilles de Carthage ont permis par ailleurs de dégager des espaces cultuels plus modestes, aux abords de l’actuelle gare du TGM de Salammbô à Carthage, mais aussi en bordure du village de Sidi Bou Saïd. Il semblerait aussi que la campagne internationale de l’Unesco ait retrouvé le temple dit d’Apollon à la lisière de l’espace utilisé par l’agora, auquel il faudrait associer nombre de stèles découvertes dans les environs au XIXe siècle et attribuées au tophet.

Le sanctuaire rural de Thinissut (actuelle Bir Bou Regba), quoique daté du début de l’Empire romain, possède tous les caractères des sanctuaires orientaux, tant par son ensemble de cours juxtaposées que par son mobilier de statues de terre cuite, dont la représentation de Ba'al Hammon. Le tophet est une structure que l’on retrouve sur de nombreux sites de Méditerranée occidentale et situé à l’écart de la cité, voire dans un lieu insalubre, dans le cas de Carthage. L’aire se présente comme un espace occupé peu à peu par des dépositions d’urnes et de stèles, et que l’on recouvre de terre afin de continuer à l’utiliser.


Architecture funéraire :


L’architecture funéraire est le premier élément à avoir été étudié dès la fin du XIXe siècle, en particulier à Carthage, les exhumations donnant lieu à de véritables cérémonies mondaines. La localisation en arc de cercle de ces nécropoles a permis de circonscrire la cité punique et d’examiner les variations de son périmètre.

Les archéologues ont remarqué une certaine typologie des tombes, généralement creusées dans la roche et non construites, soit selon un type de tombe à puits simple avec cercueil au fond ou à étage, ou bien comprenant un escalier menant à un puits. Le mode de l’inhumation prédomine largement, sauf à certaines périodes comme l’a montré la fouille de la nécropole punique de Puig des Molins.

Le mobilier et la décoration de ces sépultures sont stéréotypés : poteries, talismans, bijoux, pierres, usage de l’ocre rouge (symbole du sang et donc de la vie), œufs d’autruche peints (symbole de la renaissance) ou encore miniatures de mobilier en argile. Le cercueil est souvent enduit de plâtre. Un sarcophage de bois, dans un état exceptionnel de conservation, a été découvert à Kerkouane mais cet exemple reste unique à ce jour. Diverses tombes ont été ornées de décorations peintes, ainsi celles des tombes du Djebel Mlezza au cap Bon, qui ont pu apparaître comme symbolisant la croyance punique en un au-delà, l’âme du défunt effectuant une sorte de voyage : selon François Decret, « pour ce peuple de marins, la Cité céleste était le dernier port où aborder ».


Institutions : Suffètes


L’étude de la royauté de Carthage a entraîné l’hypothèse que ceux appelés « rois » sont en fait les « suffètes ». Cette hypothèse est davantage conforme aux traditions orientales et à celles de Tyr : les suffètes ou SPT (shouphet signifiant « juges ») sont comme en Israël des chefs et des gouvernants. S’ils sont chargés de rendre la justice et de gérer l’administration civile, leur charge n’est pas héréditaire. Le gouvernement devait être comparable à celui de Rome, avec un Sénat et deux suffètes élus chaque année mais appelés « rois » par les Romains et les Grecs en raison de leur incapacité à trouver dans leur culture un terme adéquat pour transmettre la réalité punique. Magistrats suprêmes de Carthage, les deux suffètes sont mentionnés implicitement par Cornélius Népos : « De la même manière en effet que Rome se donne des consuls, Carthage créait chaque année deux rois munis de pouvoirs annuels ».

Le suffétat est attesté à la fin du IVe siècle av. J.-C. et au IIIe siècle av. J.-C. mais à Tyr dès le Ve siècle av. J.-C. On pense que ces suffètes exercent le pouvoir judiciaire, en particulier pour le droit privé et exécutif, mais pas le pouvoir militaire — réservé à des chefs élus séparément chaque année par l’assemblée du peuple et recrutés parmi les grandes familles de la cité — ni le pouvoir religieux. Ils auraient eu le pouvoir politique de convoquer les assemblées et de présider leurs débats.

Le cas d’Hannibal Barca peut être souligné : il est élu suffète après la défaite de Zama, en 196, Cependant Hamilcar, le vaincu d’Himère, est désigné comme basileus du fait de sa valeur militaire.

Le pouvoir des suffètes est vraisemblablement uniquement un pouvoir civil d’administration de la chose publique. Choisis comme tous les magistrats de la cité selon leur richesse et leur compétence, ils ne sont pas rémunérés par ailleurs. M'hamed Hassine Fantar évoque un large éventail de compétences civiles, religieuses et militaires. Selon lui, ils auraient par ailleurs réuni et présidé les assemblées.

C’est à partir du Ve siècle av. J.-C. qu’existent deux suffètes annuels éponymes. Sur la base d’une inscription du Corpus Inscriptionum Semiticarum, une instauration du suffétat au dernier tiers du siècle a été proposée par certains auteurs dont Maria Giulia Amadasi Guzzo. Comme c’est le cas à Rome, des listes rédigées sur des matériaux durables devaient exister mais elles ne nous sont pas parvenues. L’institution a perduré à l’époque romaine avec magistrats municipaux, jusqu’au IIe siècle, tant pour des cités d’Afrique du Nord que de Sardaigne.


Le Conseil des Ancien :


Les suffètes sont assistés par un « Conseil des Anciens » ou gérousia que l’on trouve dans d’autres cités, particulièrement à Sparte : les textes évoquent les « Anciens de Carthage » selon une habituelle expression sémitique tout comme à Lepcis Magna. Encore en pleine époque romaine, les « Grands de Lepcis » sont évoqués.

Ce Conseil, présent dès le VIe siècle av. J.-C. selon Justin, a été assimilé au Sénat romain, les membres étant dénommés dans les diverses sources gerontes ou seniores. Les réunions se tenaient non loin de l’agora, place principale de la cité

Il a peut-être existé dans la cité punique dès ses origines. Cet organe, probablement composé par les membres des familles influentes, a compté sans doute plusieurs centaines de membres, même si leur nombre exact reste inconnu. Au moment de la Troisième guerre punique, Polybe évoque 300 otages issus des familles des sénateurs de Carthage. Le mode de transmission de la fonction parmi les familles aristocratiques reste inconnu. De même, cette assemblée se réunissait sans doute dans une bâtisse localisée à proximité de l’agora de la ville ou même dans certains cas dans le temple d’Eshmoun situé sur la colline de Byrsa.

Il a compétence pour toutes les affaires de la cité : questions politiques et administratives, la guerre et la paix, la politique étrangère, l’armée, dont le recrutement de mercenaires et les sanctions pour les généraux vaincus, les finances, etc.. Il est amené à prendre des décisions liées à la vie privée des individus, interdisant de boire de l’alcool aux magistrats ou interdisant l’usage du grec en 368.

Les généraux, nommés selon leurs compétences, rendent compte de leurs actes devant cette assemblée qui a le dernier mot et peut les sanctionner lourdement. Bomilcar est ainsi condamné en 308 à la crucifixion pour avoir tenté de prendre le pouvoir au temps de l’expédition d’Agathocle de Syracuse. On ne sait toutefois pas si les suffètes sont élus par ces oligarques ou par l’ensemble du peuple. L’assemblée inclut les suffètes qui peuvent la convoquer et éventuellement la présider. Le Sénat peut, avec l’accord des suffètes, décider de toute affaire en discussion sans qu’il soit nécessaire de la soumettre à l’assemblée du peuple. En cas de désaccord, l’affaire est soumise à l’assemblée populaire.


Corps civique :


Selon Strabon, la population de Carthage était de 700 000 habitants au moment de la chute de la cité en 146, même si ce chiffre est contesté par les chercheurs, pour une ville d’environ 300 hectares et une banlieue d’une superficie de 25 km.

La population, composée d’une majorité de pauvres ou d’artisans et d’une minorité de marchands aisés, a son mot à dire dans les affaires de la cité, mais vraisemblablement les hommes uniquement. Les esclaves et les affranchis n’avaient pas de droits politiques ; en revanche certains étrangers obtiennent des droits civiques, en particulier à la suite de services rendus64. Hannibal a ainsi promis la citoyenneté à ses soldats en cas de victoire. Périodiquement, des citoyens sont envoyés dans les colonies, cette possibilité s’évanouissant avec la perte de l’empire après les deux premières guerres puniques. Certaines professions sont sans doute exclues de l’assemblée.


Modalités de convocation


Le simple citoyen a des droits et des devoirs dans toutes les cités phéniciennes même si, dans l’état actuel des connaissances, il ne semble pas avoir disposé d’assemblée ailleurs que dans la capitale punique. Justin relate que l’assemblée du peuple a été convoquée au moment de la tentative de prise de pouvoir de Malchus au VIe siècle av. J.-C

Une assemblée du peuple est citée dans le texte d’Aristote et on suppose que seuls les hommes libres y sont admis. Certaines sources, dont Diodore de Sicile, font état d’une réunion sur l’agora de la cité, à proximité du quartier des ports, encore que sa localisation précise soit inconnue, et seulement sur convocation des suffètes. De même, les historiens ont supposé que seuls les hommes possédant un certain cens peuvent y assister.

Les citoyens sont convoqués par les suffètes ou se réunissent lors d’événements dramatiques. Ils élisent les généraux selon François Decret à partir du IIIe siècle av. J.-C  Certaines affaires sont évoquées devant cette assemblée en cas de désaccord entre les institutions de forme oligarchique, aussi en cas d’accord même si ces assertions ne sont étayées par aucune autre source que le texte d’Aristote. De même, ces institutions oligarchiques doivent être d’accord pour qu’une affaire soit portée devant l’assemblée. Les magistrats et les généraux sont par ailleurs élus par cette dernière.


Organisation sociale :


La société carthaginoise était très stratifiée : une aristocratie d’origine tyrienne devait détenir l’essentiel du pouvoir économique, politique et religieux ; le reste de la population se partageait entre une proportion inconnue d’artisans et de commerçants et un prolétariat hétéroclite composé d’esclaves mais aussi de populations natives, voire puniques. La place des femmes reste encore sujette à débat.

L’aristocratie carthaginoise avait comme caractéristiques son origine tyrienne, sa fortune liée à des fonctions d’armateurs puis de propriétaires fonciers, son rôle dans les magistratures et un mode de vie particulier dans des logements luxueux (au cap Bon ou dans le quartier de Mégara). Au sein de cette aristocratie devaient se recruter les prêtres, qui formaient une classe très organisée mais ne jouaient aucun rôle politique. Le sacerdoce pouvait être également exercé par les femmes. Leur habillement est connu notamment grâce à la Stèle du prêtre à l’enfant ; le personnage identifié comme le célébrant porte une robe de lin et une coiffe particulière qui couronne une tête rasée. Les classes populaires sont méconnues mais on suppose qu’elles étaient formées d’hommes libres et d’esclaves pouvant être attachés à une personne ou à l’État. En outre, on trouvait dans les cités carthaginoises un certain nombre d’étrangers issus de l’ensemble du bassin méditerranéen.

Femmes


En dépit des personnalités fortes et des destins tragiques comme ceux de Didon-Elissa, Sophonisbe et l’épouse d’Hasdrubal le Boétharque, les femmes à Carthage apparaissent peu dans les sources disponibles. Quoique marquée par un caractère patriarcal, la société carthaginoise accorde une relative indépendance aux femmes : l’étude des stèles du tophet de Carthage a mis en évidence des sacrifices effectués par des femmes en leur propre nom. De surcroît, il semble que nombre d’activités professionnelles leur étaient ouvertes.

Cette indépendance était toutefois tempérée par une certaine instrumentalisation des femmes au service de leur famille, au moment du choix de leur époux ou à des fins politiques, voire économiques : l’histoire de Sophonisbe est particulièrement évocatrice de cette sujétion, mariée successivement aux rois numides Syphax puis Massinissa. Le contexte du mariage est peu connu et l’on ignore si la polygamie était pratiquée.

En revanche, des cas de mariages mixtes figurent dans des sources et se retrouvent peut-être aussi dans des fouilles de sépultures multiples, avec un rite phénicien pour l’un des individus inhumés et africain pour un autre. Fille d’Hasdrubal Gisco, général carthaginois, elle épousa Syphax, roi de Numidie, sur ordre de son père afin de sceller une alliance entre Carthaginois et Numides.


Économie :


Carthage constituait un empire commercial, maritime, terrestre et agricole. De ce fait, le lien entre toutes les contrées, qu’elles soient puniques ou sous influence punique, se faisait par la mer grâce à la marine carthaginoise.

Les Carthaginois, tout comme leurs ancêtres phéniciens, étaient d’excellents marins et commerçants. L’historien latin Pline l’Ancien écrit à leur propos que « les Puniques inventèrent le commerce ». Comme Tyr, Carthage faisait le négoce des métaux, en recherchant surtout des matières premières qui lui ont permis d’asseoir sa richesse et de développer son réseau commercial : argent, mais aussi cuivre et étain en provenance des comptoirs du sud de l’Hispanie (royaume de Tartessos). Dans cette région, les mines étaient à la fois facilement exploitables et accessibles. L’étain se trouvait également dans les îles Cassitérides (actuelle Grande-Bretagne).

De manière secondaire, les Carthaginois ont importé et diffusé de petits objets manufacturés : céramiques grecques et étrusques mais aussi, dès le VIIe siècle av. J.-C. des éléments d’artisanat égyptien comme des amulettes. Le négoce se pratiquait aussi par caravanes mais ce type d’échange était beaucoup plus aléatoire et dangereux. Ce commerce terrestre permet d’expliquer certaines implantations, en particulier en Libye et dans le sud de la Tunisie actuelle.

Le but des Phénico-puniques était d’exporter les métaux à l’état brut vers l’Orient ; jusqu’au VIe siècle av. J.-C., ils jouissaient d’un monopole du commerce et de la navigation en Méditerranée occidentale grâce auquel ils bénéficiaient d’un libre accès aux métaux, et aux ressources humaines et agricoles de régions entières.

Les Carthaginois exportaient des produits manufacturés par leurs artisans ou importés : des céramiques, des objets en verre (spécialité phénicienne) ou encore du tissu teint en pourpre — spécialité phénicienne tirée du murex dont la préparation aboutit à cette couleur si prisée dans l’Antiquité — travail de l’ivoire, bois et métaux (placage d’ivoire, d’or ou d’argent sur différents matériaux). En raison de leur caractère potentiellement périssable, il est parfois difficile d’identifier certains de ces produits d’exportation : les tissus, très réputés, n’ont pas laissé de traces archéologiques en dehors d’amas de murex ou de poids destinés à tendre les tentures.

Les voyages d’exploration s’expliquent par la recherche de minerais et de nouveaux débouchés commerciaux : l’étain de Grande-Bretagne et d’Hispanie, l’or ou d’autres matières premières au Maghreb. Certains produits servant au négoce étaient fabriqués par les ateliers carthaginois.

Agriculture et pêche
Territoire agricole de Carthage


À l’aube de la Première guerre punique, Carthage contrôlait en Afrique du Nord un territoire d’environ 73 000 km2 — son arrière-pays, constitué par l’actuelle Tunisie, représentait alors un territoire dévolu à l’agriculture supérieur en superficie à celui de Rome et de ses alliés réunis, et reste l’une des zones agricoles de premier plan dans l’Empire romain — pour une population de près de quatre millions d’habitants. Une telle population nécessitait un approvisionnement régulier et un arrière-pays capable d’assurer une production suffisante en quantité et en qualité : une production de céréales destinée à toutes les couches sociales, mais aussi une production de fruits ou de viande destinée à une population plus aisée.

Ce territoire a été largement amputé par les attaques de Massinissa dans le dernier demi-siècle d’existence de la cité, pour se limiter à une superficie inférieure à 25 000 km2 en 146 av. J.-C.

La zone occupée par Carthage en Afrique était très fertile car elle jouissait d’une pluviosité amplement suffisante pour la production agricole. Ces atouts ont été exploités par la suite dans la province d’Afrique romaine

Culture et élevage


Carthage a très vite instauré un partage des tâches entre des cultures à visée spéculative, dans les terres proches de la capitale, et les cultures céréalières laissées aux populations libyennes, ces dernières étant soumises à un tribut en nature dont le poids, en particulier durant les guerres puniques, a pu influencer le cours des événements en les poussant à la révolte. La cité a développé son arrière-pays grâce à la culture de l’amande, de la figue, de l’olive, de la grenade — perçue comme un fruit punique par les Romains — et de la vigne, en plus du blé. Ces plantes étaient déjà présentes à l’état sauvage dans la région mais les Phéniciens y ont apporté des plants qui leur ont permis d’exporter dans tout le bassin méditerranéen : on trouve ainsi des traces de produits agricoles puniques jusqu’en Grèce.

L’élevage était pratiqué de longue date par les populations autochtones, en particulier celui des chevaux, des bœufs et des mulets.

Techniques agricoles


La réussite de Carthage s’explique aussi par ses prouesses en matière d’agronomie. Les Carthaginois sont parvenus à développer les techniques agricoles parmi les plus efficaces de l’Antiquité puisque celles-ci furent reprises par les Romains à travers la traduction en latin du traité du punique Magon. Columelle a conservé des fragments de l’œuvre punique, dont un processus de vinification.

La plantation des oliveraies obéissait à des règles précises, en particulier l’espacement entre les plants, règles parfois encore respectées de nos jours. Le matériel agricole jouait un rôle important dans l’amélioration de la production, comme en témoignent les représentations de charrues, notamment sur une sculpture retrouvée sur le territoire de la Libye actuelle, ce qui n’a pas manqué de trancher avec la production libyenne traditionnelle.

Pêche et produits de la mer


La pêche était une activité répandue à l’époque punique et, outre des productions de salaisons et de murex, il est établi que ce sont les Phénico-puniques qui ont répandu l’usage du garum dans le bassin méditerranéen. Cette sauce à base de poissons gras, utilisée en cuisine et dans un but médicinal, était produite à grande échelle au sein d’installations retrouvées sur un certain nombre de sites. La production et la commercialisation du garum se sont poursuivies largement à l’époque romaine.


Religion :


La mythologie de Carthage est en grande partie héritée de celle des Phéniciens, et sa religion, malgré une transcription en latin ou en grec dans les sources antiques, garde tout au long de son histoire ce caractère profondément ouest-sémitique.

Le panthéon, fondé sur une base sémitique, évolue au cours du temps, souvent après une rencontre avec des traditions locales. De plus, certaines divinités acquièrent dans diverses colonies le caractère de poliade : Tinnit ou Tanit a pu être considérée comme la poliade de Carthage, Melqart jouant ce rôle à Gadès — lieu où il possédait un temple réputé — tout comme Sid (Sardus Pater à l’époque romaine) en Sardaigne. Le panthéon, qui possède un nombre relativement élevé de divinités, est dominé par Ba'al Hammon en Afrique du Nord et souvent accompagné de Tanit (face de Ba'al) comme parèdre. Ba'al et Tanit ont vraisemblablement acquis des caractères spécifiques en Afrique du Nord car, en Orient, les caractères de Ba'al diffèrent de ceux de la divinité carthaginoise alors qu’Astarté, qui était sa parèdre en Orient, semble plus effacée dans la sphère carthaginoise, même si son culte est avéré.

On observe donc une certaine continuité religieuse, les anciens dieux phéniciens étant toujours vénérés chez les Carthaginois, comme Astarté, déesse de la fécondité et de la guerre, Eshmoun, dieu de la médecine, et Melqart, dieu phénicien de l’expansion et de l’enrichissement de l’expérience humaine. Melqart adopte pour sa part des caractères du héros grec Héraclès. Ba'al Hammon, originaire de Phénicie, est aussi influencé par des apports égyptiens ; Ammon était connu en Libye et dans pratiquement toute l’Afrique du Nord, et il fut assimilé à un dieu local dont la représentation était également un bélier.

Ce dieu et son culte étaient en relation avec le feu et le soleil. À l’époque romaine, le culte de Ba'al a adopté des traits de Jupiter, dieu majeur du panthéon romain. Il avait toujours cours à l’arrivée du christianisme. Enfin, au moins un culte grec, celui de Déméter et Coré, lié à la fertilité et à la moisson, apparaît dans la culture carthaginoise à l’occasion de la guerre gréco-punique. Selon Diodore de Sicile, lors du saccage du temple de ces déesses à Syracuse en 396 av. J.-C., des calamités s’abattirent sur l’armée carthaginoise. De ce fait, les autorités décidèrent l’introduction de leurs cultes afin que les divinités obtiennent réparation. Il existe également des indices d’un culte de la déesse égyptienne Isis. Les divinités du panthéon punique étaient particulièrement honorées aux moments importants de l’histoire, par exemple pour rendre grâce du succès d’une expédition maritime ou favoriser une entreprise militaire à venir.


Sanctuaires et rites :


Les lieux de culte sont des constructions spécifiques ou des espaces aménagés. Plusieurs temples urbains ont été retrouvés dans des endroits divers ; leur emplacement n’obéissait donc pas à une règle précise. Ceux situés en bord de mer bénéficiaient de leur contact avec les étrangers (offrandes, ex-votos, donation, etc.) On a également découvert des sanctuaires dans des grottes.

La religion était une affaire d’État à Carthage ; même si les prêtres n’intervenaient pas directement dans la politique intérieure ou extérieure, ils jouissaient d’une grande influence sur une société profondément religieuse. Les cultes étaient structurés par une hiérarchie de prêtres dont les plus hautes fonctions étaient occupées par les membres des familles les plus puissantes de la cité. Toute une société semble avoir été attachée aux temples : serviteurs, barbiers, esclaves. Les fidèles pouvaient acheter des ex-voto dans des dépendances du lieu de culte. Dans un certain nombre de temples existait une prostitution sacrée, masculine et féminine, définitive ou seulement provisoire.

Les cultes jouaient un rôle économique important grâce aux offrandes (comme les viandes et autres denrées) aux dieux et aux prêtres. Le sacrifice avait aussi un poids significatif : des « tarifs » étaient définis pour chaque type de sacrifice en fonction de chaque demande, dont plusieurs exemples ont été conservés ; l’un d’entre eux est exposé au musée Borély de Marseille. Les sacrifices avérés dans ces documents sont variés : animaux, petits (oiseaux) ou grands (bœufs), mais aussi végétaux, aliments ou objets. Après le partage du produit du sacrifice entre divinité, prêtre et fidèle, une stèle était érigée en guise de commémoration.

Les cultes et leur pratique ont laissé des traces visibles dans les différentes colonies phéniciennes de Méditerranée occidentale, devenues carthaginoises, mais aussi chez les peuples entrés en contact avec cette civilisation, comme les Berbères de Numidie et de Maurétanie et les Ibères.

On note une différence entre la religion d’État et la croyance populaire, en raison des amulettes et autres talismans à des fins de protection contre les démons ou les maladies, révélant une forte influence égyptienne. De même, on remarque un culte des divinités égyptiennes, comme le dieu nain Bès, parmi les classes populaires. Ainsi, de nombreux objets retrouvés dans les fouilles avaient pour but la protection des vivants et des morts (masques, amulettes figurant Bès mais aussi rasoirs). La magie imprégnait la vie ; elle était blanche mais aussi noire afin d’écarter des rivaux potentiels.

Le culte des ancêtres était probablement observé au sein des foyers mais il reste relativement obscur. Des interdits alimentaires, en particulier celui du porc, eurent cours jusqu’au début du IVe siècle.

Les Puniques avaient foi en une vie après la mort, comme l’attestent des chambres mortuaires — même si l’incinération était aussi pratiquée — où les défunts préparés pour leur vie dans l’au-delà étaient accompagnés d’offrandes en nourriture et en boissons. Leur tombe était décorée comme une demeure et l’on parfumait le tombeau avant de le refermer. Certains morts étaient couchés selon le rite oriental alors que d’autres étaient en position fœtale, selon la tradition berbère, et enduits d’ocre, démontrant une influence locale sur la religion carthaginoise, au moins en Afrique du Nord. De même, on a retrouvé dans des tombes puniques aux îles Baléares des statuettes typiques de la culture locale.


Marine :


Les deux marines de Carthage (marchande et de guerre) ont eu la même finalité, à savoir la préservation du commerce.

La puissance navale de Carthage s’explique sans doute par sa maîtrise des techniques de navigation. Elle s’appuie sur deux types de navires : les trirèmes, galère à trois rangs superposés de rames, et les quinquérèmes, galère avec quatre puis cinq rameurs sur un banc de nage. Les navires étaient équipés de proues à protomé de tête de cheval, comme le suggèrent certaines représentations iconographiques. Excellents constructeurs de navires, les Puniques ont bâti grâce à leur flotte un empire maritime que certains ont pu comparer à celui d’Athènes bien que cette dernière soit plus puissante à l'époque. La découverte des épaves de Marsala, navires de guerre fouillés par Honor Frost au large de la Sicile, a précisé les connaissances actuelles sur la construction navale punique du IIIe siècle av. J.-C. ; les navires de l’époque étaient construits selon une technique très élaborée, identifiée à la mise en œuvre d’éléments « préfabriqués ».

Armée :


La question du recrutement de l’armée carthaginoise, des mercenaires et de la place des citoyens a été soulignée par l’historiographie depuis l’Antiquité : la défaite de Carthage serait liée au recrutement de soldats professionnels et au manque d’engagement des citoyens, contrairement au modèle grec puis romain.

Cet argument omet le courage des soldats lors des derniers combats, où s’engage la population, et ne prend pas en compte l’organisation de la marine militaire, qui se faisait autour de citoyens. L’armée punique se composait de soldats de diverses origines : des mercenaires, des citoyens engagés volontairement mais aussi des sujets de ses territoires ou de ceux de ses alliés. Cette armée présentait donc un fort caractère cosmopolite ; chaque partie apportait des unités en guise de participation à l’effort commun. Une telle structure n’était pas sans danger lorsque l’État n’était plus en mesure de régler la solde, comme le démontra la guerre des Mercenaires au lendemain de la Première guerre punique.

Le commandement carthaginois était aux mains de militaires issus des grandes familles et désignés par l’assemblée du peuple. La hiérarchie militaire demeure toutefois mal connue, même s’il semble avéré que le titre de général correspond à celui de rab. La cité ne se montrait guère indulgente envers les officiers vaincus, les textes énonçant maints exemples de généraux crucifiés ou exécutés.

(C) Saecula Bellis
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La chance sourit toujours au plus audacieux, telle est la voix d'un homme du nord !

             
 

Annexe sur les Carthaginois

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